Mufasa 2, ordonnateur au bâton rompu est arrivé à destination. Empereur de ses pas il a quitté la rive de son fleuve fleurit, s’en est allé peupler les terres les mains libres : galets, cailloux, armes et toutes ses inventions ont été enterrées sous un arbre marqué d’une pierre aux arrêtes enfichées entre deux racines. Les bras ballants et le pas tranquille, l’allure flâneuse, l’aisance sapiens sapiens lui font oublié son statut animal, à chaque pas le singe désabusé peut entrevoir entre les hautes herbes la peur dissimulée d’un regard et la fuite. En deux pas, il fait face à un un monstre à la tête pointue et au nez carré surmonté de cornes de plus en plus longues jusqu’au crâne. De son bras, il vise l’animal et du bout de son doigt, ordonne : « ton espèce s’arrête ». Pour seule réponse, il entend le claquement d’une minuscule queue fouettant dans une envolée de moustiques l’arrière-train du molosse. « Gros souvenir, ôte-toi de ma route, disparaît, c’est un ordre … tu marches dans le mauvais sens. Écarte-toi » Mufasa 2, les deux bras aux ciels, ordonnant aux orages de s’abattre sur cette civilisation. « C’est mon dieu qui vous a envoyé le message. Elle ne t’a pas suffi la comète. Meurs ». Son allure simiesque dans sa taille d’insecte s’agite devant la masse titanesque, la forêt gronde et les animaux viennent aux spectacles. Mufasa 2 arrache au sol une poignée d’herbes épaisses, serrant sa prise, il s’avance vers le dinosaure et lui colle le bouquet sous le nez. L’animal tire la langue et saisit la broussaille. Une fois fini, le singe, des deux mains, remonte le crâne et gravit la corne la plus haute ; il domine le dinosaure qui s’écroule lentement. Les animaux sortirent de la forêt constatant cet endormissement soudain comme une preuve clairvoyante d’une nouvelle civilisation à l’orée du territoire sans adresses apparentes qui scintille autour des pas du marquis Mufasa 2 sans adresse apparente. « Je viens du Tchad, je viens du centre, je viens vers vous ». Avec tendresse, il remonte les flancs de l’animal mort et lui claque l’arrière-train dans une envolée de moustique.
5.5.08
Carabas comte à mille pattes
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